Le village Tsèkani et sa chefferie

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Bol à Zom 1936 – 1986

Le village Tsèkani et sa chefferie

Au Cameroun en général, les noms des villages ont souvent dérivé des noms de personnes. Tsèkani n’en fait pas l’exception. Plusieurs anecdotes circulent pour expliquer l’origine de ce nom. Nous retiendrons ici celle qui nous semble la plus vraisemblable. Tsèkani traduit en français  signifie, « qu’y a-t-il ? » ou « que se passe-t-il entre vous? » s’adressant à deux ou plusieurs personnes qui se querellent. C’est ainsi que se serait adressé Koro à Binkira, dernier fils de Kodo à Nkpag, lui-même fils de Nkpag et de Wayag, ancêtres des Bekpag (Bafia), à deux de ses enfants, Bafan à Koro et Rifoé à Koro dont les relations étaient plutôt tumultueuses notamment au moment du partage des repas. L’histoire ne dit pas pourquoi Bafan devint Goufan et pourquoi c’est Rifoé qui se vit attribuer le nom de Tsèkani qui devait par la suite être donné au territoire occupé par sa descendance dont une partie est présentée par le graphique généalogique ci-après.

Les chefferies telles qu’elles sont connues aujourd’hui relèvent de la colonisation allemande entre 1884 à 1916. Les allemands avaient besoin d’interlocuteurs et d’intermédiaires valables dans les villages. Pour cette raison , ils multiplièrent les chefs de village, les  chefs de canton et les chefs supérieurs sans bien souvent une légitimité traditionnelle pourvu que ceux-ci puissent servir leurs intérêts.

A la fin du XIXème siècle, les Tsèkani étaient dirigés par Nnomi à Zap, un descendant du village Taro ancien quartier du village Tsèkani devenu autonome depuis 2002.  Nnomi à Zap était le doyen qui présidait les débats au sein de la communauté et concluait ceux-ci. Il était le représentant et le  porte parole des Tsèkani  auprès des villages voisins.

Djam à Isseri, 4ème Chef 1986 - 2012

Djam à Isseri, 4ème Chef
1986 – 2012

Lorsque les allemands décident de désigner les chefs de village, Nnomi à Zap comme les autres dirigeants des villages koro, est convoqué par ces derniers à Gouifé au Mont « Don i Tiison ». Vieux, fatigué et humilié par la fessée que « le grand chef allemand » lui avait administrée lors de la dernière convocation, Nnomo à Zap prit la résolution de se faire remplacer par un plus jeune que lui. Son choix se porta sur Zom à Isseri du clan Ibena. qui se rétracta à trois reprises. La quatrième fois, Nnomo à Zap revint le voir très tôt le matin avec une petite calebasse de vin de palme. Cette fois fut la bonne. Zom à Isseri accepta d’aller rencontrer les autorités allemandes à la place du vieux doyen. Il reçut pour consignes d’aller seulement écouter et de revenir prendre les réponses auprès de lui. Après avoir bu le vin de palme, il le bénit et lui dit « va! ». De retour de ce voyage,  Zom à Isséri sera intronisé comme premier chef du village Tsèkani. Il régnera de 1900 – 1918. A sa mort, son fils Isseri à Zom lui succèdera et règnera de 1918 – 1936. Lorsque ce dernier meurt, Bol à Zom lui succède.

Le règne de Bol à Zom  va durer cinquante ans de 1936 à 1986. Il sera ponctué par une tentative de destitution orchestrée, par le Chef Supérieur Bafia, Matchan à Anong auprès du chef de subdivision français, le Capitaine Jean Coquil, pour satisfaire son beau-père, Ngon à Fignam qui aurait pris goût au pouvoir après un intérim de huit mois comme Chef de village. Pour comprendre la démarche entreprise par le Chef Supérieur des Bafia, il ne serait pas superflu de signaler qu’il avait parmi ses nombreuses épouses, Fignam à Bessong, une des  filles de Ngon à Fignam de qui il reçut en plus, une esclave dénommée Fignam à Doumé.

Le Capitaine Coquil décida d’organiser des élections pour désigner le nouveau Chef de village en remplacement du Chef Bol à Zom, rejeté par les populations selon les informations qui lui avaient été rapportées.

Malgré toute la puissance et la peur que paraît-il, inspirait Ngon à Fignam dans le village, des voix s’élevèrent contre cette manœuvre de destitution. La première était  celle de Guebediang à Zom, fille de Zom à Isseri dont l’intervention dit-on fit taire le brouhaha des milliers d’oiseaux gendarmes qui

Bep à Djam Jules Félix 5ème chef depuis 2012

Bep à Djam Jules Félix
5ème chef depuis 2012

peuplaient les manguiers de la cour de Ngon à Fignam où se déroulait l’évènement ; elle viendra dénoncer publiquement les intrigues du Chef Supérieur Matchan à Anong et son ingratitude à l’endroit de son père Zom à Isseri qui l’aurait sauvé après avoir marché toute une nuit pour le prévenir d’un complot mortel ourdi par les siens contre lui.  Le second intervenant fut Goura à Ngon, ancien militaire ayant fait la première guerre mondiale qui ne reconnaissait pas à son frère la légitimité de la chefferie. La troisième voix était celle de Kedi à Ziel du clan Boka qui aurait ajouté à deux jours du scrutin, le nom  de Bol à Zom dans la liste des candidats qui en comptait déjà trois : Ngon à Fignam  du clan Ndick, Rim à Nnomo et Ngon à Mbassa du village Taro dont l’ambition était de rapatrier la chefferie à Taro. Le collège électoral était constitué par les grands électeurs : notables et grands planteurs.

A l’issue du scrutin, les voix des électeurs se répartissaient ainsi qu’il suit : Bol à Zom, 28 voix ; Ngon à Fignam, 8 voix ; Rim à Nnomo, 2 voix et Ngon à Mbassa, 1 voix.

Bol à Zom fut ainsi légitimé devant tout le village Tsèkani. A sa mort, il sera remplacé par Djam à Isseri, ancien gendarme de son Etat qui règnera pendant vingt six ans de 1986 en 2012. Depuis son décès, le cinquième chef du village Tsèkani, son fils BEP à DJAM Jules Félix préside à la destinée du village.

Abolo Jean Claude

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Publié dans Histoire Bafia

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