Yambassa-Yambetta-Lemandé-Banen-Ossananga-Nyonkon : Voisinage ou consangunité

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Communication de Monsieur Jean KOUFAN MENKENE , Enseignant à l’Université Yaoundé I
à la table ronde intitulée « origines et unité culturelle des peuples du Mbam », organisée dans le cadre
Festival des Arts et de la Culture, Mbam’Art 2000.
Bafia, 11 mars 2000

La région du Mbam est un immense plateau ouvert situé presqu’au centre géographique du Cameroun, dans une zone de transition entre forêt et savane. Cette situation avantageuse de carrefour en a fait grâce au hasard de l’histoire, un espace de confluence et de brassage humain.

Ainsi y trouve t-on installées depuis des lustres, dans une coexistence relativement intelligente, les deux grandes familles linguistiques Bantou et Soudanais, qui forment la trame humaine du continent noir.

S’agissant des populations Bantou Mbamoises, une première remarque s’impose : à l’exception des Lémandés, aucun autre groupe ethnique identifié ne présente une homogénéité génétique ou proto historique. Les termes Yambassa, Bafia, Banen ou Yambetta ne traduisent en rien l’appartenance de l’ensemble des composants du groupe au même clan.

Certes, il existe des similitudes civilisationnelles (mode de vie, croyance, organisation socio-économique, techniques culturales…) comme va le montrer tout à l’heure le Pr D. ABWA. C’est pourquoi nous sommes fondés à nous questionner sur le chaînon inconnu ou plutôt mal connu qui relie les diverses similarités culturales bantous Mbamoises sont-elles à mettre au compte des phénomènes de glissement ou de contagion culturels résultant d’un voisinage prolongé assumé ou bien sont-elles un héritage assimilateur transmis grâce aux liens de consanguinité que laisse apparaître les connexions généalogiques ?

Est-ce comme le concluait un peu hâtivement l’administrateur COQUIL en parlant des Yambassa-Lémandé, le rapprochement géographique, le seul facteur d’union de ces entités ? Nous ne le pensons pas. Aussi nous efforcerons-nous de montrer dans cet exposé, qu’au delà du hasard de la géographie, la parenté biologique entre les différentes ethnies est plus réelle qu’on ne la croit. Pour ce faire, nous nous attachons à l’examen des connexions généalogiques de quelques ethnies qui ont déjà fait l’objet des travaux académiques : Yambassa, Nyokon, Banen, Lemandé et Nyokon. Nous tirerons ensuite les enseignements qui s’imposent.

I/ LES CONNEXIONS GENEALOGIQUES ENTRE LES BANTOU DU MBAM , ETUDE DE CAS

Dans ce chapitre un peu long consacré à l’histoire des origines des ethnies citées plus haut, nous insisterons fortement sur les mythes d’origine de certains clans, sous-clans et lignage attestés et véhiculés par la tradition orale.

A- LES YAMBASSA

Les Yambassa sont l’exemple type du caractère composite de l’ethnie Mbamoise. Ils ne présentent pas d’unité génétique et encore moins linguistique, car constitués de huit clans hétérogènes et d’origine nettement plurielle et parlant des langues différentes, apparentées à celles de leurs voisins Lémandé, Banen, Bafia, Balom, Bapé et Nyokon. Ce sont les Begui, Kibum et Kon, Babetta et Bonkon, ponek, Kâlong et Ninguessen.

Ils occupent par vagues successives la région de leur habitat actuel à partir du 17e siècle (Berika, 1979). L’étude de chacun des lignages constitutifs de l’ethnie Yambassa est riche d’enseignement.

Commençons par les Babetta et Bonkon globalement appelés TIMIN du nom de leur ancêtre fondateur sont divisés quant à leur origine. Les uns affirment descendre des Nyokon, les autres soutiennent que TIMIN viendrait de Ba’ Ndounga dans le Ndé ; d’autres enfin jurent que l’ancêtre TIMIN était le fils de MBONO. Tous situent cependant leur lieu d’origine à l’ouest de leur habitat actuel.

En creusant la question, la généalogie complète du groupe Timin qui comptait 16 générations en 1979 (Berika, 1979) revèle que certains sous-clans et lignages ont des origines étrangères à celles du clan auquel ils sont rattachés. C’est le cas des Pè-Nsè, des Poôn pe-kidun et des Pa-Ya.

Selon la tradition en effet, l’ancêtre des Pè-Nsè est un Begpag, venu habiter à Babetta et qui s’éprit d’une fille du sous-clan Poôn Pa Sanè. Avec elle il eut une fille nommée Nsè qui à son tour donna naissance à trois garçons qui aujourd’hui forment la ligange des Pè-Nsè.

Les Poôn Pe-Kidun autre matrilignage à Babetta descendent d’un certain Kidun d’origine Balom par son père mais neveu des Babetta par la mère qui était issue.

Le lignage Pa-Ya reconnaît comme ancêtre un étranger venu de Manya au sud-est du pays Bamoun capturé au pays Babetta, il fut fait esclave. Presque totalement assimilé, il fut affranchi, reçut les nom de « YA », un lopin de terre et une femme. Sa descendance fut appelée « Pa-Ya ».

L’histoire des Begui ou Bagui est autrement plus édifiante. Ce clan se targue d’être les ancêtres fondateurs des Yambetta. Leur origine est aussi controversée.

Hans Wilhelm, se fondant sur les déclarations de feu YoY Robert, affirme que les Begui sont les descendants des Bapé. D’autres témoignages recueillis par Michel Berika soutiennent au contraire que l’ancêtre de ce groupe serait un fils de Mbono.

Eldridge Mohammadou adhère à cette thèse car, selon lui, le personnage l égendaire de Mbono vivrait jadis au sud de l’actuel pays Bamoun. Il note par ailleurs qu’il y a des liens de parenté entre les Begui et leurs homologues Begni du canton Maala en pays Yambasa. A l’appui de cette thèse, on note qu’une fraction des Begni parlent une langue proche du Maala, du Lémandé et du Banen, tandis qu’une autre fraction cause un parler proche du Balom, Djanti et Bafia.

Quant aux Kâlong, leur ancêtre fondateur, un certain Maleng serait venu du nord et plus précisément de Liten localité située au nord du pays Balom, non loin de la frontière avec les Babouté d’où il serait parti pour échapper à l’invasion des Babouté eux-même bousculés par les Foulbé de Tibati.

Mais à en croire Eldridge Mohammadou, la véritable patrie des Kâlong serait ailleurs, dans l’actuel pays Bamoun. C’est là, affirme t-il, que viennent les ancêtres de ce groupe ethnique ainsi que d’ailleurs ceux des Balom, Bapé, Djanti et Kpa.

Ceci explique sans doute que même aujourd’hui les Kâlong se sentent beaucoup plus proches des Balom et des Bafia que du reste des Yambetta.

Les Kidum se réclament de l’ancêtre Mbono. Celui-ci aurait donné naissance à plusieurs enfants d’une fille qui ne se maria pas. S’étant lié d’amitié à un chasseur d’origine Balom, elle engendra un enfant que son grand père nomma « UBUM » c’est à dire la chasse. C’est donc ce petit fils de Mbono qui est le fondateur du clan des Kidum actuel.

Les kon ou P’ogôn comme ils s’appellent eux-même seraient originaires du pays Yambassa, car leur ancêtre fondateur NEDAN viendrait de là. Celui-ci serait le fils de Kon ou Gunu, lui-même fils de Mbono. Nedan engendra trois garçons NTOP ou EDOP, KON ET KIDUM qui sont les fondateurs des trois clans kon actuels : kon-Edop, kon-Kobak et Kon-Kidum.

Les Ninguessen sont apparentés aux Banen de Ndikako dans l’arrondissement de Ndikiniméki. D’ailleurs ils sont parfaitement bilingues car en dehors du Banen, ils parlent couramment et essentiellement le Kon.

Les Ponek. Ils sont composés en réalité de deux sous-groupes différents par leur langue comme par leur histoire. Ce sont d’une part les ponek proprement dits ou « Atomb » et de l’autre les Peye-pêling. Les Ponêk ou « Atomb » sont Nyokon . La tradition raconte qu’ils quittèrent leur pays d’origine Nyokon à la suite de querelles de famille. Or selon M. Berika, l’histoire de ce sous-groupe indique clairement qu’il s’agit d’une bande de mécontents Nyokon, constitué d’éléments hétérogènes qui se serait séparés du gros du clan, avec à leur tête un certain Ponek. Affirmer dès lors que tous les fractionnistes descendaient du même ancêtre est une gageure.

Peu d’années après leur installation, un autre sous-groupe, les Peye-Peling vinrent se joindre à eux. Leur ancêtre éponyme Peling serait un descendant de Mbono, frère de Ubum (kidum), Ibutul (Boutourou) et Tolè, ancêtre éponyme des Ndek’è Tolè en pays Banen. Une discorde familiale serait à l’origine de la séparation de Peling d’avec ses frères.

Avec sa famille, Peling s’installe tout près des Nyokon séparé seulement par la rivière Makénéné non loin du lignage Poôn P’obong du clan Kudum dont ils parlaient la langue. De nombreuses années après, ils furent délogés par les guerriers du roi Nsangu et se réfugièrent chez le chef Ibin des Ndik : (Banen) où ils séjournèrent de nombreuses années et s’assimilèrent complètement jusqu’à ce qu’un malheureux incident ne provoque leur exode de ce village et leur installation à Itundu à l’époque de la chefferie de tombé Meling.

Là leur assimilation linguistique atteignit son apogée grâce aux relations fécondes entre les deux groupes concrétisées par de nombreux liens matrimoniaux. Leur intégration au sein des Itundu était si complète qu’ils se considéraient comme chef jusqu’à ce que la cohabitation avec les successeurs du chef Tombi deviennent impossible et les contraigne à qui Itundu pour s’installer, vers 1914, chez leurs voisins Ponek. C’est depuis cette époque que Atomb et Peyè-Peling forment un seul village sous un même chef avec cette particularité que les premiers parlent le Nyokon et les seconds, le Banen.

B- LES NYOKON

Sans entrer dans les arcanes complexes des origines et migrations des Nyokon, on peut retenir que la tradition de ce peuple bantou lui donne Difum ou Rifum en pays Tikar comme site originel.

Des étapes importantes, plus ou moins longues jalonnent leur itinéraire migratoire jusqu’au pays Bamoun actuel dans cette zone de forêt qui s’étend au nord du fleuve Noun, aux confins sud de l’actuel pays Bamoun.

Là ils furent délogés par les guerriers des premiers rois Bamoun, MBWEBWE notamment. Ils refluèrent alors vers le sud du Noun dans leur site actuel, c’est à dire, de part et d’autre de la rivière Makénéné à l’ouest du pays Bamoun.

L’ancêtre des Nyokon est connu sous les noms de NINDAM ou de NTEP (Le Carfec, Rapport annuel 1951). Le premier est Bamoun, le second Banen. Par delà l’aspect mythique évoqué dans cette tradition, il est intéressant de relever la consanguinité qui allie Nyokon, Bamoun, Banen, voire Ba’Ndunga du Ndé.

Il n y a rien d’étonnant à cela, car, à en écrire l’anthropologie Hans Wilhelm (1973) dans son étude sur le Mbam Central, les Nyokon, Banen, Lémandé et Yambetta se trouvaient tous sur une même rive du Noun d’où ils furent chassés par les Bamoun. Les Banen partirent les premiers, les Nyokon le suivirent ensuite.

I. Dugast confirme ces faits et ajoute que les Nyokon seraient les frères de certains Banen, les Ndokohok et les Ponek notamment. L’historien camerounais Michel Berika évoque pour sa part une tradition Ponek semblable à celle des Nyokon.

C- LES BANEN

Comme les Lémandé, les Banen forment une communauté de langue, de coutumes et traditions. Cependant ils sont un agrégat de populations différentes réparties entre les régions du Mbam et du Nkam. Les Banen sont divisés en sept clans dont quatre sont rattachés au Mbam. Ce sont les clans Itundu, ndiki, Ndikoko et Eling.

1- Les Itundu

Ils seraient les descendants d’Ambon (Mbono). La tradition orale Banen Itundu recueillie par D. ABWA (1979) considère Ambon (Mbono) comme l’ancêtre des tundu, Ossimbe, kiiki, Eling, Ombessa. Tundu donne naissance à Batilomen, Bassala, Nomate, Tombi. Installés d’abord en pays Lémandé, les Itundu migrèrent au bord du fleuve Noun à Ikolokolo, avant de bifurquer vers l’ouest pour traverser la rivière Manyu.

2- Les Ndiki

Ils seraient des Neboya qui se seraient détachés de leur groupe d’origine pour s’installer auprès de leurs oncles les Bonyanya. Cette scission était l’œuvre de l’ancêtre des Ndiki, Tikili.

3- Les Ndikoko

L’origine des Ndikoko n’est pas très claire. Selon J.C Bahoken (1968), leur ancêtre éponyme EKOKO ou KOKO aurait pour grand-père un Bamoun nommé Kendaka, un pêcheur qui, las d’attendre pendant des jours le séchage du produit de ses captures sur les bords du Noun, s’établi avec ses épouses dans un lieu dénommé Mbandj. Il y engendra trois fils ; Mendjel, Nek et Tolè.

Mendjel engendra à son tour Ekoko et Moulon.

Les descendants d’Ekoko se divisent en trois sous clans :

  • Ponek, Ninguessen, Bouturu, Kidum
  • Ndogyel, Ndema
  • Etong, Illobè, Nomena, Ndikyab, Ndikoti, Ndogbagna.

Bahoken certifie cette origine Bamoun des Ndiki par la similitude entre les noms Bamoun du livre de E. Martin, Histoire et Coutumes des Bamouns et ceux des Banen, tels que Pegneki (Bamoun) et Bagnaki (Banen), Ndonyam et Ndunyam, Tukuru et Tuku. Mais une autre hypothèse nous vient à l’esprit : l’arbre généalogique dessiné par P.V. EMOG signale parmi les fils de Mbono, Eling et Ekotto. Eling étant un ancêtre des Banen, cet ekoto ne serait-il pas Ekoko géniteur des Ndikoko ? Cette hypothèse est également retenue par la tradition Eling.

Selon celle-ci Ko’Ambon de qui descendent Ndikoko est un des enfants d’Ambon (Mbono) et aurait donc pour frère Lian’Ambon, ancêtre des Eling.

4- Les Eling

Les Eling descendent en effet de Mbono. Leur tradition qui rejoint celle des autres ethnies raconte que Mbono compte parmi ses fils Mand’Ambon (Lémandé), Tund’Ambon (Itundu), Kiiki’Ambon (Kiiki), Lin’Ambon (Eling), Ndam’Ambon (Ndang) et Kok’Ambob (Ndikoko).

Le groupe Eling descend d’un de ses fils Enok père de quatre enfants : Bissung, Boya, Ekondj, Tuku ancêtres éponymes des Ndogbissung, Neboya, Ekondj et Nituku. Le tableau ci dessous en donne une bonne illustration.

Genealogie-Yambassa

D- LES LEMANDE

Leur localisation entre les peuples Yambassa, Banen, Yambetta et Bafia ne laisse planer aucun doute sur leur parenté réciproque.

La tradition orale reprise par les travaux de feu l’ABBE KIBINDE et P.V EMOG atteste que les Lémandé descendent de l’ancêtre Mbono qui se trouve aussi confirmé dans son rôle de frère géniteur de la quasi totalité des ethnies qui forment la trame humaine du grand Mbam.

E- LES YAMBASSA

Terme dérivé de la déformation de Boya Ambassa qui est le nom d’une famille généralisée par les allemands, Yambassa est devenu un concept générique pour désigner un ensemble de populations non homogène sur le plan linguistique composée de quatre clans : Méhéké ou Mahala, Yangben ou Ba-kâlong, Elip ou Belibi et Gunu.

L’origine lointaine de ce peuple reste controversée car si le Bulletin d’Etudes Camerounaise (1943) situe leur origine quelque part en Afrique de l’est, sans autre précision, l’Abbé Kibindé lui donne une origine nilotique, tandis que I. Dugast insiste sur leur autochtonie : « Presque toutes ces populations, soutient elle, se croient autochtones ou bien leur lieu d’origine est si proche de leur habitat actuel que la migration est presque nulle ».

Bien que tout les quatre clans se reconnaissent parent parce que issus du même ancêtre Mbono (Ombono ou Ombiono), l’appartenance des Elip à cette connexion généalogique est remise en cause par plusieurs auteurs. D’abord par Paul Valentin Emog (1983) qui ne concède pas de place au clan Elip dans l’arbre généalogique qui schématise la descendance de Mbono fils de Makana lui-même descendant de Nanga.

Par Philippe Laburthe-Tolra ensuite qui cite un « véritable Manguissa M Abéga Essomba » qui lui affirme que les Elip sont des Béti et qu’il avait lui-même vérifié que l’identité Betsinga-Cinga-Elip est attestée par la tradition Manguissa.

Pour sa part Hans Wilhelm postule que les Elip et les Yangben actuellement comptés au nombre des Yambassa sont en réalité des étrangers d’origine Béti, venus de l’est et qui traversèrent deux fois la sanaga pour venir occuper le site actuel.

L’ascendant Bati des Boyambassa est attesté par les allemands Curt Von Morgan (1893) et Riepe (1897). Pour ce dernier, « les Bati de l’ouest des Cinga (Tsinga) devraient être les Yambassa qui se trouvent là actuellement ». Au début du siècle, le major Hans Dominik au même constat selon lequel les Yambassa sont les Bati considérés comme ensemble linguistique.

Cette position rejoint celle de Ph Laburthe qui explique la tradition qui atteste l’appartenance Elip à la famille Mbono comme une parenté fictive à la suite de laquelle on transforme la généalogie pour les besoins d’une cause.

En résumé, cette controverse a le mérite de montrer que le groupe dit Yambassa se subdivise en deux ensembles distincts : les descendants de Mbono (Gunu, Maala), et les descendants de Bati (Elip, Yangben). Leur homogénéité culturelle découle d’un long voisinage accentué par divers liens matrimoniaux et stratégiques.

II- LES ENSEIGNEMENTS DECOULANT DE CETTE ETUDE DE CAS

L’histoire de l’origine et de la fixation des différents groupes ethniques dans la région du Mbam autorise à tirer les enseignements suivants :

Les connexions généalogiques de la plupart des groupes ethniques laisse apparaître à l’évidence des liens de consanguinité réels entre eux. Les familles Sananga, Yambassa, Banen, Lémandé et certains clans et lignages Bekké et Yambetta, Nyokon, Balom et Bapé ont beaucoup en commun.

Aucun groupe ethnique n’est génétiquement homogène, mais constitué d’autres agrégats humains d’origines diverses mais parfaitement intégrés ou assimilés. Leur cohabitation féconde met en évidence l’importance des phénomènes d’osmose, d’assimilation voire d’intégration consécutifs à une très longue proximité. Les cas des Bati-Yambassa et des Banen indiquent bien q’un voisinage prolongé enclenche des processus lents de fusion, d’assimilation ou d’intégration qui compliquent et complexifient l’identification des groupes ethniques. C’est pourquoi on peut affirmer que la plupart des noms génériques d’ethnie désignent des aires culturelles prépondérantes et assimilatives.

CONCLUSION

Les recherches en cours et les travaux historiques et ethnologiques réalisés offrent une meilleure lisibilité et une connaissance mieux assurée des réalités humaines du Mbam. Elles nous autorisent aujourd’hui à rejeter les allégations de l’administrateur COQUIL sur le rapprochement géographique, seul facteur d’union des peuples du Mbam. Les connexions généalogiques entre les ethnies composant le Mbam et les ethnies périphériques (Bamoun, Mboum, Bassa, Bamiléké), entre les divers groupes ethniques, clans, sous-clans et lignages montrent à suffisance qu’au delà de la proximité géographique, les réalités biologique et culturelle sont prépondérantes.

La région du Mbam confirme ainsi son statut de terre de transit, mais beaucoup plus d’espace de rencontre, de mélanges et de convivialité.

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Publié dans Société

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