Le mariage coutumier yambassa

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mariage 3Le mariage coutumier yambassa

Entité fort sociale et communautaire, le mariage africain est une alliance qui unit non seulement un homme et une femme mais également leurs deux familles et tribus respectives Cette alliance traditionnelle se fait toujours d’une manière progressive par étapes bien identifiées, et se célèbre selon les rites et coutumes du génie culturel de chaque peuple du continent. C’est cette riche réalité humaine du mariage coutumier tel que vécu chez les Yambassa que nous désirons voir l’Église rejoindre et évangéliser.
Nous allons dans ce chapitre faire la description la plus précise et complète possible de ce mariage coutumier dans toutes ses étapes, avec tous les rites, symboles et paroles qui le constituent. Nous nous référons pour ce faire, à nos connaissances personnelles et à celles qui sont partagées de façon commune par tous les membres de la tribu Yambassa. À notre connaissance c’est la première fois qu’une rédaction écrite est faite de ce processus matrimonial. Cette description est précédée d’une brève présentation géographique, historique et culturelle de la tribu Yambassa. Elle sera suivie d’une mise en évidence particulière de certains rites et symboles majeurs.

Geyoloo ga bussio (La première rencontre)

Tout commence par des premières rencontres d’amitié de deux anciens des familles. Ces rencontres aboutissent à un objectif commun. De l’amitié tissée et appréciée naît le fort désir de nouer une alliance durable à travers leurs enfants. Cette démarche bien mûrie, va grandissant à travers le cap de « Geyoloo ga busio » qui est une sorte de conciliabule ou les deux anciens dévoilent leur projet. Cette entrevue secrète de cœur à cœur se passe en mi-journée lorsque le village est vide de son monde. Les deux amis parlent certes en leurs noms mais et surtout au nom de leurs enfants. Habituellement ledit entretien se déroule en véritable philosophie africaine réservée seulement aux initiés. Le débat est arrosé et alimenté du bon vin de palme « Numpé ya muguebo ma muena muena» et de la kola « Ibenu ». Parvenus a un consensus formel, les deux pairs se fixent un rendez-vous lointain précis pour une autre rencontre plus élargie et officielle. Juste le temps nécessaire pour que chacun consulte et informe les siens, les prépare au grand événement familial pour trouver réponse commune à la requête et forme la délégation qui représentera la famille lors des rencontres qui vont suivre. Après la rencontre des deux anciens, les pourparlers se poursuivront dans chacune des deux parties pour mieux se préparer à la rencontre décisive.

C’est ainsi que chaque intermédiaire convoquera une réunion familiale. Cette réunion se passe dans la famille des parents de chaque prétendant. Du côté de la famille du garçon, l’on choisit d’abord une délégation qui représentera valablement la famille, et qui sera capable d’arracher avec plus d’aisance le consentement de la fille et de toute sa famille, pour une promesse d’alliance avec leur fils. Cette délégation se compose de gens habiles et diplomates chevronnés, ayant un art oratoire facile et convaincant, bref des gens rompu à la rhétorique. Ensuite la rencontre table sur les cadeaux à apporter pour la promesse de l’alliance. Il s’agit de numpe ya muena ou vin de palme très exquis, (le meilleur cueilleur du clan fera l’ouvrage), des noix de kola de première qualité, une lance ou flèche, une gracieuse bête. Tous ces présents serviront à susciter un consentement facile, mais surtout ils symbolisent l’amour du jeune garçon qui devra pénétrer profondément le cœur de la jeune fille.

Par la suite, la famille charge un responsable de la mission de la consultation de la divination auprès d’un très ancien sage de la communauté, pour voir si la démarche de cette alliance réussira. Du côté de la famille de la fille, les préparatifs vont bon train. La famille s’organise en convoquant aussi une réunion familiale. A leur tour, elle se choisira une délégation des sages qui négociera. Celle-ci a pour charge de bien s’informer sur le garçon et sur la famille de ce dernier. Unanimement, on verra comment bien accueillir les hôtes, ainsi on élira le lieu de la rencontre et on proposera des femmes des familles qui cuisineront de bons plats destinés à cet événement. Puis on nommera un responsable pour l’oracle afin de vérifier si le bon vent est de leur bord. Ces préparatifs sont pour la famille de la fille un temps privilégié pour se donner un point d’honneur et de réputation ainsi qu’a leur famille et leur clan. Tous ces préparatifs de part et d’autre ont pour rôle majeur de faire ressortir des valeurs familiales et sociales de chaque partie de chaque famille et de chaque clan.

Gueyolo ga goliminyo (La rencontre de confirmation)

C’est en effet au cours de cette rencontre appelée « Gueyolo ga goliminyo » que les deux délégations restreintes ayant bien apprêté leurs armes se trouvent dans la famille de la fille pour amorcer la négociation. L’évènement constitue une véritable joute oratoire. Celle-ci consiste en ce que la famille prétendante formule officiellement la « demande de la main de la fille» à toute 1a famille de la fille L’intermédiaire de la fille se lève honorablement, armé de son chasse-mouche, et demande au chef de la délégation du garçon l’objet de sa visite. Celui-ci, muni également du sien, lui répond : « Na yomo oñendo mbalumene na guenogo ginoni go mbanule goña o paa », ce qui se traduit par : « j’ai rencontré ta fille sur ta cour, elle m’a plu et on m’a envoyé solliciter ton avis ». Et l’intermédiaire au nom de tous les siens, père de famille et mère) demande à sa fille si elle aime ce prétendant.

Selon la réponse de cette dernière, les tractations peuvent évoluer, continuer ou échouer. En cas d’affirmation, les ovations retentissent et alimentent joyeusement les débats. Les deux prodigieux orateurs ayant fait montre de leur savoir-faire et preuve de leur sagacité traditionnelle parviennent à un accord unanime et bien un réel consentement. Tout cependant n’est pas acquis et gagné pour autant, car le garçon et la fille n’ont pas encore dit leur mot. Ils doivent se prononcer personnellement sur leur sort commun selon la coutume. Le second orateur remet à son fils placé à ses côtés une jolie calebasse de vin de palme Désireuse, elle accueille avec joie les dons de son charmant prétendant et les passe à son ancien. Ce dernier les reçoit et s’adresse à sa fille en ces termes à haute voix : « Moguebo mabo mama utumbinyemu, degdega go goh mobonyo ! » : voici le vin de ton fiancé que tu me passes, veux-tu qu’on le boive ? Sa fille accepte énergiquement : oui ! Il le débouche, verse quelques gouttes sur le sol devant la porte, en offrandes aux ancêtres, prononce une bénédiction, puis boit avant de donner le verre à la jeune fille qui à son tour donne à boire à son fiancé. Si elle n’accomplit pas le geste, les démarches s’arrêtent là, il y a fiasco. De bruyantes ovations « dupopo » fusent dans les airs pour saluer l’heureux accord et le double consentement survenu en vue du mariage. Tout se termine par un bon repas, préparé par les femmes de la famille de la fille. On ne lésine pas, on donne avec largesse et profusion. Les envoyés de la belle-famille ont le droit d’emporter la totalité du repas qu’on leur offre. C’est ainsi que les fiançailles sont conclues. Dès cet instant et désormais, le garçon et la fille sont liés, et tous les leurs, par la parole et le serment formel. Traditionnellement, on dit qu’ils sont fiancés « gehoñeno ».

Selon la tradition yambassa, le temps des fiançailles commence donc dès lors qu’une promesse authentique de mariage a été dûment formulée par le consentement réciproque du garçon et de la fille ainsi que celui de leurs deux familles. Amorcé par ces sérieux préliminaires, le temps des fiançailles est une période qui peut varier de plusieurs mois et plusieurs années, selon la volonté du prétendant. Le fiancé appelle « u’nino », beau-père, le père de sa fiancée et ce dernier l’appelle mon gendre.

Geyolo ga gossomba bonomè (La formation de la dot)

Lorsque les fiançailles battent leur plein et que tout s’harmonise pour le meilleur, les deux parties convoquent une réunion pour fixer le montant exact de la dot. Cette rencontre s’appelle (Geyolo ga gossomba bonomè). Très souvent elle se passe dans la famille de la fiancée. Elle se focalise sur les pourparlers et les transactions de la dot. Car la dot, dans le mariage traditionnel des Yambassa, est capitale et elle confère au mariage ses lettres de noblesse.

Publié dans Activités de l'ONG Mbam'Art, Famille Yambassa
Un commentaire pour “Le mariage coutumier yambassa
  1. Ndeme dit :

    Très intéressant, mais elle est la suite

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