Le mariage traditionnel chez les Bëkpäg (Bafia)

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Extrait du livre "Le mariage traditionnel chez les Bëkpäg (Bafia)" du Patriarche Mouté à Bidias Camille

Les Bëkpag (Bafias), font partie des peuples bantous.Ce peuple est originaire de la plaine tikar, principalement dans le royaume de « Njitam ». Il prend en fait ses racines dans la localité appelée « Bankim ».

L’histoire raconte que ce fut un certain nombre de frères, accompagnés de leurs sœurs, qui s’exilèrent, parmi lesquels « Nchare », « Fon-mban », qui serait « Njitam », (petit frère même père, même mère de « Nchare » et « Nsöh », dont la même histoire raconte qu’il est le fils de la sœur des premiers cités. D’autres frères, semble-t-il, proviendraient des mêmes origines dont « Basso » chez les « Bassa », et « Fanga » communément appelé « Balom », aussi « Djanti ». Dans tous ces peuples, on retrouve une dénomination commune des coutumes, rites et usages.

Cependant, avec le temps, ces coutumes et traditions se sont différenciées dans la forme, la procédure et les méthodes. C’est le cas du « mariage traditionnel » que nous abordons ici pour ce qui concerne le peuple « Bëkpag » (Bafia).

Nous commencerons par relever la signification du mariage dans ce peuple, ensuite, nous décrirons la procédure du mariage traditionnel lorsqu’elle se fait dans les normes conventionnelles.

I – LA SIGNIFICATION DU MARIAGE CHEZ LES BËKPÄG (BAFIA)

Le mariage chez les « Bëkpäg » constitue l’un des moments, sinon le moment le plus important, dans la vie d’un homme et d’une femme. C’est d’ailleurs par l’acte du mariage qu’un individu gagne sa place dans la société, et peut accéder à la « parole » dans la communauté.
Le mariage qui est le destin de tout homme et toute femme, est le gage de la perpétuation des générations par la maternité ; la reproduction biologique de la communauté.
Cet acte de mariage était précédé, et dans de rares cas succédé, par la construction de la demeure de l’homme. Le fait de disposer d’une demeure distincte de celle des parents marquait la rupture avec ceux-ci et l’affirmation de son autonomie et de sa « libération » du joug parental. Il rendait ainsi un homme digne de respect dans la société car, de par le mariage, il devenait un responsable, avec un domaine délimité appelé « këké » (sa colline), qui deviendra, avec sa progéniture, le « Dhipui » (sa contrée).
L’importance de cet acte dans nos sociétés explique peut-être la complexité de son accomplissement, car, aucun autre acte traditionnel ne nécessitait autant de temps, de moyens, d’abnégation, de soumission, d’humilité, de patience, pour aboutir. C’est ce qui explique que d’autres personnes prenaient des raccourcis pour fonder un foyer.

II – L’AGE DU MARIAGE CHEZ LES BËKPÄG (BAFIA)

Des temps anciens, les hommes se mariaient très tôt. On peut estimer l’âge entre 16 et 20 ans au plus. Quant aux femmes, dès leurs premières menstruations, elles étaient prêtes pour le mariage.

Les étapes du mariage

1ère étape : La demande de « main » de la fille ou le « Frapper ou toquer à la porte » (tockë a dhiwè)

Le père du garçon prétendant au mariage ou l’un de ses frères, proche parent, ou même un ami intime du père, va se rendre dans le domicile du père de la fille, là où elle réside. En tout cas, cela peut être chez un oncle, mais principalement chez le père, pour « la demande de main » de la fille. A cette occasion, il apporte un ou au maximum deux litres de vin de palme, et une gousse de kola.

2ème étape : La tournée familiale (dhighèn dhi nääh boum)

Après l’acceptation du mariage par la fille, après que son père ou tuteur ait bu le vin et croqué la cola, le père du garçon ou son représentant est obligé d’aller voir les différentes personnes (frères directs ou proches parents du père de la fille), accompagné du garçon. Celles-ci peuvent résider dans des villes ou localités différentes. Il est tenu de s’y présenter avec, à chaque fois, un peu de vin de palme et de la kola. Une fois le tour fait, il revient dans la famille de la fille pour connaître la suite du « chemin ». Dans certaines communautés Bëkpäg (bafia), on lui demande aussi d’aller voir la famille de la mère de la fille.

3ème étape : Le « petit vin » (mërog më ndañ)

Il est demandé au convoitant de revenir à une date convenue rencontrer la famille élargie de la fille. Il doit se présenter, accompagné de la sienne à cette étape. Il apporte ce qu’on appelle le « petit vin » (mërôg më ndañ) composé de quelques litres de vin de palme d’en haut, quelques casiers de bières et jus, une ou deux bouteilles de liqueur, (le cas d’aujourd’hui). Ces boissons n’existaient pas avant, on se limitait aux produits de ce temps là (vin de palme d’en haut).

4ème et 5ème étapes : La remise de la dot et la cérémonie de bénédiction (mëyiñ dhi tiasa)

La famille de la fille qui a arrêté la liste de la dot, la remet à celle du prétendant. Cette dot était composée généralement de : la nourriture (igname, maïs, poulets, moutons, chèvres voire bœuf, du sel, de l’huile de palme, du vin de palme, etc.), des biens matériels (ustensiles, vêtements, literie, etc.). Ces biens étaient généralement demandés par les tantes et les oncles directs ou les bienfaiteurs de la concernée. Et une enveloppe financière pour le beau-père et la belle-mère, à la discrétion de la famille du prétendant.

La famille du garçon réunit les éléments contenus dans la dot. Il faut rappeler ici que la dot est négociable. Ce n’est que lorsqu’il y a consensus sur les éléments négociés qu’elle devient définitive. Chaque partie conserve en mémoire le contenu de la dot pour le contrôle, le jour où elle est apportée. (Les « listes » de dot d’aujourd’hui n’existaient pas).

Une fois toutes les parties prêtes, une date est fixée. Ce jour s’appelle « jour de nutrition » « Wòs a Fëlam ».

Les deux familles, une fois d’accord, procèdent à la cérémonie de bénédiction « tiasa ».

Cette cérémonie est en fait l’une des étapes « clé » du mariage. C’est à ce moment là que les futurs mariés sont bénis par les responsables des deux familles. La famille du garçon apporte deux ovins (un bélier et une brebis) et deux volailles (un coquelet et une jeune poule).
Les deux responsables se tiennent debout, croisent leurs mains en tenant les bêtes. Le responsable du futur marié tient le mouton et la poule, le responsable de la future mariée tient le bélier et le coq.

Une fois cette étape terminée, les parents partagent un repas et la belle famille indique la date d’accompagnement de leur fille dans sa nouvelle famille. A partir de cet instant, « l’acte de mariage » est signé traditionnellement et la jeune fille appartient désormais à son mari.

6ème étape : L’accompagnement de la fille (mföndèn a gib)

La famille du marié ayant enfin rempli toutes les obligations du mariage traditionnel, se prépare à accueillir sa femme.
La belle famille l’accompagne, à la date fixée, avec des présents utiles pour sa vie de ménage (ustensiles de cuisine, literie, voire aujourd’hui frigidaires, congélateurs, machines à coudre, salons, etc.). Ces présents étaient offerts par la plupart des membres de la famille de la mariée. Ce jour là est un jour de grande fête, de réjouissances et de danses.

Publié dans Famille Bafia
Un commentaire pour “Le mariage traditionnel chez les Bëkpäg (Bafia)
  1. Moumbock à Gbaram Ghislain A dit :

    Merci pour ces riches enseignements. J’ai toujours voulu connaître comment se déroulait le Mariage chez nous les bafia. Cet ouvrage repond à toute mes attentes. Cordialement merci!

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