Le Canton Koro (Bafia) : Son histoire

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canton koro_0001Le Canton Koro (Bafia) : Son histoire

Extrait de la plaquette d'intronisation de sa Majesté Abama Abep Dagobert Magloire

Les Koro représentent avec les Ngam les deux principaux groupements qui occupent l’ actuel arrondissement de Bafia, ville située sur la rive droite du fleuve Mbam, dans la Région du Centre du Cameroun. L’arrondissement de Bafia s’étend sur une superficie d’environ 370 Km2 et grâce à sa position géographique, Bafia est un site essentiellement anthropique. Son peuplement est ancien et certains historiens font dire que les Bafia sont les descendants des princes Tikar et que les causes de leur ruée vers la rive droite du fleuve Mbam sont liées aux appétits de la gestion du pouvoir politique et à la quête de l’espace vital.

Le terme « Bafia » en usage populaire rappelle à la fois le site où était située la subdivision de Bafia (Unité Administrative Allemande et Française) et désigne également l’ère culturelle mbamoise.

D’après l’historiographie Bafia, Koro serait le dernier né d’une fratrie de cinq (5) enfants à savoir, Roum, Gouifé, Yakan, Ngam et Koro issue du couple Kodoh à Mpwack et de Binkirah à Wayack. A la mort de cette dernière, elle confia en guise de bénédiction à son fils Koro une houe accompagnée très symboliquement de : «c’esf toi le grenier de toute la famille» au vu, de ses qualités sans doute d’habile cultivateur et de séducteur de premier rang caractérisé par la maîtrise de l’art oratoire et par voie initiatique, de la chorégraphie bafia.

Koro à son tour eu six (6) enfants : Danyoo, Goufan, lsseri, Lablé, Nyamsong et Tsekani. Ces enfants à l’exception du fils aîné Danyoo, bâtirent des villages qui au lendemain de la 2ème guerre mondiale furent regroupés au sein du canton qui désormais portera le nom de leur père géniteur à savoir Koro.

A l’issue d’un jeu d’alliances, doublé du concours de l’Administration coloniale, dix autres villages se rapprochèrent du canton Koro afin de constituer une seule entité. En 1947 le Canton Koro obtient ses limites territoriales qui aujourd’hui regroupe 15 villages à savoir : Biatsota, Bigna l, Bigna ll, Donenkeng l,Donenkeng ll, Egona, Goufan-Bey, Goufan y Kodo, Lablé,Ngomo, Nyamsong-Badiam, Nyamsong-Voundoung, Nyamsong à Djem, Taro, Tsekani et Mereng, le siège de Danyoo ou encore, le coeur du canton Koro ne s’était pas constitué en village pour des raisons évidentes. La tendance aujourd’hui est d’envisager Mereng comme village à part entière.

Le Canton Koro est limité au sud par l’arrondissement d’Ombessa, à l’est par le fleuve Mbam, à l’ouest par l’arrondissement de Kiiki, au nord par le canton Ngam.

A l’instar des peuples ayant marqué I’histoire de l’Afrique, le peuple Koro inscrit sa démarche dans l’histoire des conquêtes et résistances, thématique qui fait la fierté de l’histoire africaine. En 1943, le peuple Koro s’organise pour mettre fin au diktat du chef Ngam islamisé depuis le début du 20e siècle. En effet, le chef Ngam avait lancé dans le sillage de I’expansion religieuse, une djihad afin d’islamiser le peuple Koro. Cette volonté de domination Ngam s’est manifestée dans la brutalité, dans la pratique de tortures et des humiliations de toutes sortes.

Le chef supérieur Matsan à Anong, personnage autoritaire, dynamique, ambitieux, voulait étendre son pouvoir sur l’ensemble des populations bafia. Cette volonté de faire, fit tomber dans son escarcelle les villages Bigna, Mereng et Lablé. Ce chef supérieur, dans ses stratégies de domination, fit convertir à l’lslam, tous les chefs de villages Koro. Cette tendance d’islamisation tend à disparaître progressivement chez les Koro.

Les relations entre les populations Ngam et Koro, jadis tumultueuses, sont devenues aujourd’hui des plus harmonieuses. La preuve, ce sont ces populations qui composent aujourd’hui, I’arrondissement de Bafia en bonne intelligence.

En 1943, les Notables et Grands Initiés Koro au cours d’un huis clos, sur la tombe de Mbata à Doumé, redoutable, mystique et mythique guerrier Koro décidèrent après accord secret, de confier la conduite de la destinée des Koro à Maben à Zintchem, le combattant tactique, intelligent et très puissant.

La tombe de Mbata à Doumé sert aujourd’hui de lieu de retraite et d’inspiration pour la prise de décisions stratégiques pour les affaires concernant les Koro. Cette sépulture se trouve à Mereng et son accès est réservé à la famille Danyoo. Le bois sacré où se trouvent les restes du Patriarche Mbata à Dounré, représente pour les Koro, une part importante de notre identité nationale et sa portée particulière inciterait à le classer au rang de site du patrimoine mondial de l’humanité.

Maben à Zintchem fut désigné pour conduire la destinée des koro. Dans sa démarche pour l’affirmation de la primauté Koro, l’on note avec plaisir et fierté, la présence dans les rangs des combattants de Maben à Zintchem, d’une héroïne du nom de Godiom à Abep dont l’intervention au cours de la guerre à Goufan fait d’elle, la Jeanne d’Arc des Koro.

Pendant quatre (4) ans, la guerre fit rage sous le regard impuissant des autorités coloniales allemandes d’abord et françaises ensuite. Il y eut plusieurs morts d’un camp comme dans l’autre. En 1946, Maben à Zintchem entame la reconstitution des limites du Canton Koro.

En 1947, le Chef Maben à Zintchem obtient un titre foncier précisant les limites du Canton Koro, signe de la reconnaissance par les autorités françaises des revendications Koro.

Le nouveau Chef, investi de la confiance de son peuple va en tant que collaborateur de l’administration coloniale le mobiliser pour la construction de l’immeuble siège de la Région du Mbam, l’actuelle Préfecture. Son leadership et son charisme s’affirme aux yeux de tous, sa désignation en tant que 1er Chef du Canton Koro déjà reconnue au niveau traditionnel sera homologuée le 25 Février 1951, par décision n° 999 du Haut Commissaire de la République Française du Cameroun, Monsieur Guillemant.

Sa Majesté Abep à Maben Pierre Mama (1959 - 2007)

Sa Majesté Abep à Maben Pierre Mama (1959 – 2007)

Il est officiellement installé dans ses fonctions de Chef de Canton Koro par Monsieur Jean Cuillé, Chef de la Région du Mbam à l’époque. Le règne fort élogieux de Maben à Zintchem dura 15 ans. ll décède sans surprise pour les initiés au cours d’un accident de circulation en 1959. Des indiscrétions laissent croire que sa mort est le dénouement d’un pacte conclu au sein d’un cercle mystique, en compensation de l’obtention de la libération des Koro. Le Chef Maben à Zintchem ayant été désigné dans un contexte de guerre, il ne remplissait plus une fois la guerre terminée les conditions pour conduire le peuple Koro, un peuple épris de paix. Les Koro avaient besoin d’un Chef aux mains propres. Le Chef de Canton Maben à Zintchem à la lumière de son parcours est considéré par tous les Koro comme un modèle. Sa succession est assurée en 1959 par un de ses fils, Abep à Maben Pierre Mama de vénéré mémoire, qui a régné avec brio pendant 48 ans de 1959 en 2007 . ll avait pour mission de promouvoir la paix au sein de la communauté Koro et de développer des relations très amicales avec les communautés voisines. ll y a largement contribué.

Sa majesté Abama Abep Dagobert Magloire lssa dont l’intronisation officielle a lieu ce 1er décembre 2007 succède à son père comme 3ème Chef de canton Koro.

Publié dans Activités de l'ONG Mbam'Art
2 commentaires pour “Le Canton Koro (Bafia) : Son histoire
  1. djibril tchekany dit :

    Comment expliquer que Ombessa fasse partie de Koro? Est-ce nouveau? J’avais souvent cru que c’est Tsékani, lilitrophe de Bouraka, qui constituerait la limite sud de Koro. Au cas où ce serait le cas, je retire mes mots. Salut. C’était du beau travail!

    • banissadre dit :

      L’arrondissement d’Ombessa qui comprend plusieurs villages parmi lesquels Bouraka ne fait pas partie du Canton Koro mais en est limitrophe.Effectivement le village Bouraka est limitrophe de Tsèkani mais pas le village Ombessa qui a donné le nom à l’arrondissement.

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